Et si vous n’étiez pas quelqu’un de « sociable » ?

Vos résultats parlent d’eux-mêmes. Alors pourquoi une assemblée est-elle encore si difficile à comprendre ?
Pourquoi donner du feedback ressemble à un champ de mines ? Pourquoi les gens semblent-ils sur leurs gardes
en votre présence ? C’est la question que deux de mes clients PDG se posent en ce moment.


Quelle que soit votre personnalité (introvertie ou extravertie), orientée davantage vers la mission que vers les
relations avec les collaborateurs, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde. En tant que leader, je me suis
rendue compte que ce que je considérais comme une force était perçue comme une faiblesse par les autres. En
évoluant dans un environnement très alpha, j’ai dû atténuer mon côté enthousiaste et optimiste, jugé superficiel.
Je n’ai pas changé ce que j’étais. J’ai simplement choisi de présenter une autre facette de moi-même.


Deux de mes clients actuels sont des profils C dans le modèle DISC : conformes, formels, analytiques et précis.
Si vous n’êtes pas familier avec DISC, il cartographie quatre styles de personnalité : Dominant, Influent, Stable
et Conforme. Les leaders à profil C forment d’exceptionnels DAF, CTO, ingénieurs ou analystes. Ils valorisent
l’expertise plutôt que le charisme, et la précision plutôt que la vitesse. Ils vont en profondeur, honorent leurs
engagements et ne compromettent jamais la qualité. Mais sous pression, ils peuvent devenir hypercritiques,
fuyants et émotionnellement distants. Voilà ce qu’ils me disent : « Je ne suis pas quelqu’un de sociable. Je ne les
ai pas embauchés pour les coacher. Les compliments sonnent faux. Les gens ont peur de moi. »


Cela vous parle ?


Steve Jobs était l’un des leaders au profil le plus extrême. Après avoir été écarté d’Apple, il a atterri chez Pixar,
où la culture de l’écoute et du feedback est profondément ancrée. Il ne connaissait rien à l’animation. Pour la
première fois, il n’avait pas toutes les réponses. Cette position d’humilité l’a poussé à accepter une façon de
travailler radicalement différente. Son obsession du détail ne l’a jamais quitté, mais il est devenu plus
collaboratif. Le perfectionniste s’est enfin mis au service des gens qui l’entouraient, et pas seulement du produit.


L’un de mes clients a eu une véritable prise de conscience quant au feedback. Il a appris à séparer la mission, les
compétences et les comportements et soudain, le feedback n’était plus chargé d’émotion. Il a mis fin à la spirale
passive-agressive qu’entraînait la crainte de ces conversations. Et les compliments ? Il les a recadrés comme des
données : un indicateur de progression dans la bonne direction. Ils ne sonnent plus faux.


Je ne chercherais pas à vous rendre sociable. Je suis là pour vous aider à comprendre votre équipe et à l’aider à
vous comprendre. Sans trahir qui vous êtes, mais en vous donnant les outils pour que vos forces s’expriment
comme elles le méritent. Les leaders avec qui je travaille ne changent pas. Ils deviennent une version plus
efficace d’eux-mêmes et leurs équipes le ressentent.


Les leaders au sommet ne se ressemblent pas tous. Mais ceux qui s’y maintiennent ont une chose en commun :
ils ne cessent jamais de se développer. Si vous vous reconnaissez dans tout ceci et que vous êtes prêt à resserrer
l’écart entre la façon dont vous dirigez et la façon dont vous souhaitez être perçu, j’aimerais qu’on en parle. Une
seule conversation peut changer la dynamique.