Diriger par la peur : recette amère

Le dernier épisode de la saison 3 de The Bear m’a rappelé l’univers exigeant dans lequel
évolue mon fils aîné, chef à New York.


Chaque soir, il faut repartir de zéro et viser la perfection, sous une pression immense. La
brigade de cuisine, d’où son nom, fonctionne comme une véritable unité militaire. Pendant
longtemps, la direction de ces équipes s’est exercée dans un style autoritaire, souvent toxique :
directif, humiliant, parfois brutal. Comme le montre la série, cette approche peut laisser des
traces profondes et traumatisantes. Pourtant, ce mode de leadership sévère est encore souvent
justifié par les résultats qu’il semble produire.


La peur peut, certes, stimuler la performance. Mais croire qu’elle constitue l’unique, ou même le
meilleur, chemin vers l’excellence est une illusion dangereuse. Trouver un équilibre entre
différents styles de leadership est indispensable.


Un principe, toutefois, reste indiscutable : l’abus de pouvoir n’est jamais tolérable, quelles qu’en
soient les circonstances ou les prétendues justifications.